/// 17 septembre 2015 ///

Zoer CSX

MEA_Zoerism

Difficile de décrire le travail de cet artiste sans avoir le sentiment d’être réducteur face à la qualité et la quantité de ses œuvres…

Entretien avec Zoer

Peux-tu te présenter?

ZOER CSX , souvent je préfère employer ZOERISM , je suis peintre.

Il y a une dizaine d’années, tu faisais des lettrages assez complexes avec beaucoup de mise en relief des lettrages, désormais tu travailles bien plus tes lettrages en aplats, sans contour pour un résultat qui mélange typographie et illustration réaliste. Qu’est-ce qui t’as mené dans cette direction?

La recherche de ma véritable personnalité.

Qu’est-ce qui t’intéresse dans la pratique du graffiti?

La liberté de support / le fait de mener une mission a bien / conquérir des espaces / regarder toujours les lieux avec un œil attentif .Par ailleurs je ne me considère pas spécialement comme faisant du graffiti. Je peins des espaces intérieurs et extérieurs, que je choisis, mais ne suis pas un taggueur ou chromeur acharné du tout.

Comment vois-tu l’évolution du graffiti dans les années à venir? Est-ce que tu as eu des coups de cœur récemment?

Aucune idée, ce qui est sur c’est que le graffiti doit rester ce qu’il est et ne pas être assimilé à toutes les variables policées du genre.
Quand tu me parles graffiti, je pense à Paris. Paris et ses cycles: je me dis que la scène redevient un peu pauvre actuellement même si les PAL continuent toujours de prendre des belles places avec de nouvelles idées. Certains groupes récents essaient de prendre la relève sans avoir compris le fond, font des pièces très laides parce qu’ils pensent que ça donne un genre. Ils n’observent pas vraiment la ville .Je m’intéresse moins au graff de façon générale, donc pour le reste, je reste sur mes classiques NAV, Skeo, Hermes,Rizote,Azyle ça ce sont toujours les pièces ou les tags que j’aime. J’aime passer en voiture le périph sud et decouvrir des Owie Pesa, Jorgio, cette équipe a du style et fait des pièces soignées.Sorga est en train de faire un travail incroyable sur tout le territoire français. Lui aussi est très soigneux et a l’air très méthodique, habile. Je lui souhaite de continuer le plus longtemps possible.

Dernièrement tu as exposé au Japon avec Velvet. J’ai cru comprendre que Takashi Murakami en était le curateur. Quel est le sujet, le propos de cette exposition? Quelle a été le rôle de Murakami?

On a présenté deux séries de travaux avec V. Une première expo où nous avons fourni des toiles réalisées individuellement, chacun ayant son axe de recherche, son sujet général, cette expo s’intitule L’État Limite. Pour cette expo nous avons réalisé des toiles à taille humaine, chacune étant un puzzle de notions participant à explorer notre thématique. J’ai pour ma part travaillé autour de la free party. Quelques mois après, nous avons réalisé une expo dans un autre lieu extraordinaire où cette fois ci, le travail a été réalisé sur place, nous avons peint une œuvre sur toile à quatre mains aux dimensions hors normes. Le sujet était moins intime, justement plus axé sur le grand vertige de l’information et de l’image, donc avec une substance beaucoup plus métaphorique. Le propos était clairement de questionner la valeur des images, le conditionnement des idées qu’elles accompagnent. Mr Murakami est un artiste qui a une place très particulière dans le monde de l’art et il a voulu que nous questionnions aussi le rôle de l’artiste, du peintre, dans une société malade de sa technologie où on consomme d’un bloc et on recrache l’information, l’image du monde, à toute vitesse, sans nuances, sans recul, sans savoir davantage.

On a donc beaucoup joué sur les phénomènes de déplacements, on a décontextualisé et ré-assemblé beaucoup d’images et essayé de les faire cohabiter sur une île.Une île sur laquelle on atterrit littéralement, le panorama observable se déployant à presque 360°. Cette île est un bout de terre où se sont échoués les objets survivants de la catastrophe, lavés par les flots, travaillés par le temps. On a aussi décidé d’exprimer notre propos au travers d’une installation tangible, faite de voiles de bateaux et mettant en scènes des palimpsestes d’objets récoltés, dont seul l’apparence renvoie à leur valeur présupposée. Quelques personnes, des enfants, des vieux, essaient de trouver leur place dans cet ensemble.

Tu travailles à la peinture à l’huile. C’est devenu assez rare aujourd’hui, pourquoi l’huile?

Je suis en pleine découverte de ce matériau, son potentiel quasi infini ( dans les limites de la matière bien sur ) en terme d’accès à la lumière, aux reliefs, aux profondeurs me donne l’heureuse satisfaction d’apprendre et découvrir tous les jours des nouveaux axes de progression. Ce matériau me permet de penser l’image différemment, y donne tout son sens et est un moyen très puissant de concurrencer et surpasser l’image digitale / informatique.

Des projets à venir?

Plein.

Actuellement on travaille à peindre le Maillé Brézé, un escorteur militaire de 130 mètres de long dans le port de Nantes dans le cadre de l’evenement Teenage Kicks. On a besoin de soutien : l’association qui a monté le projet, Plus de Couleurs nécessite des financements pour mener ce projet de dingue a son terme:
http://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/teenage-kicks-2015-maille-breze-nantes/wall#le-t-shirt-limite-maille-zebre

 

/// Zoerism sur Facebook ///

/// Zoerism sur Instagram ///


PartagerShare on FacebookTweet about this on TwitterShare on Google+Pin on Pinterest